Donc, je m'y remet et je vous donne rendez-vous ici de facon plus reguliere pour vous conter notre quotidien!
A+
Patrick.
Hanoi, 21 mars 2009
1939
Ce matin je me suis levé et je suis sorti dans Hanoï, pour
me faire une dernière idée de cette ville avant de repartir pour la frénésie de Hong Kong, de replonger dans le monde du XXIIeme siècle des gratte ciels qui essayent de toucher le ciel. Pendant
deux jours, je me suis plonge dans la modernité de la ville, dans les affaires du XXIeme siècle, mais ce matin j’ai pris rendez-vous avec le Hanoï des années folles, celui des Citroen des
Panamas. A 6 heures, Hanoï se réveille a peine. Plonge dans cette léthargie, la ville dévoile enfin son vieux visage, buriné par le temps et par l’histoire, son visage colonial, celui d’un pays,
a plus de 10000 kilomètres de la France qui voulait ressembler, un peu, a son modèle Européen. Je vous invite a me suivre dans ce voyage dans le temps, ce retour a une France qui avait un Empire
et qui s’imaginait que tout ça serait immuable, grave dans le marbre.
Il fait moite. Dans la rue qui se trouve au pieds de
l'hôtel, des dizaines de mobylettes ont déjà commence leur ballet, slalomant entre les voitures, klaxonnant les piétons. Je regarde a droite a gauche et je me lance pour traverser la rue. Je me
retrouve au milieu d’une nuée de scooters qui passent devant et derrière moi. Un peu comme a cote d’une nuée d’abeilles, j’avance doucement, je ne fais pas de gestes brusques, je regarde devant
moi en espérant que tout le monde me verra bien. Le flot traverse je me retourne pour admirer le travail accompli, le flot continue, sans cesse. Les feux ne servent a rien sauf a ajouter un peu
de couleur, le sol est marron suite a des pluies pendant la nuit. Malgré le fait que nous soyons au petit matin, le sol est déjà sec, il fait un peu plus de 25 degrés et comme tout bon
occidental, la sueur perle sur mon visage, des petites gouttes qui descendent doucement le long de mes tempes. Il fait moite et chaud mais je suis 50 ans en arrière, dans les colonies françaises,
celles que les affichent vantaient a grand renfort de slogans pour essayer d’attirer des colons, pour implanter la culture aux autres en essayant d'écraser la leur pour etre sur qu’ils ne
pourront pas se passer de nous. La culture commence par les maisons, On se retouve au milieu d’une ville qui semble avoir peu bouge depuis les annees folles.

Les façades sont identiques a celles que l’on peut voir dans Paris et bon nombre d’immeubles ne feraient pas pale figure si on
les déplaçait sur les boulevards Haussemaniens de notre capital. La présence française a clairement marquée architecturalement cette ville. L'opéra, les bâtiments officiels, les villas qui
ressemblent pour certaines aux même villas qu’on retrouve en Normandie sont une invitation au dépaysement mais en même temps familiers tellement les architectures se ressemblent.
A cote de moi passe une petite dame toute avachie ,
chapeau pointu sur la tête et sur son épaule un bambou qui lui permet de porter deux paniers ou se trouvent des fruits qu’elle vend a l'unité. Cette scène, si ce n’étaient les scooters qui
hurlent derrière est probablement la même qu’il y a 70 ans. Derrière se trouve une affiche géante du parti communiste. Un autre pan de l’histoire du pays s’ouvre. La présence de ces envahisseurs
qu’ont été tour à tour les français puis les américains ont pousse ce pays un peu plus dans le communisme. Malgré une économie plutôt fleurissante, des affiches du parti sont bien la pour
rappeler que le pays est un pays communiste et son ouverture, malgre ce que peut laisser penser le nombre boutiques, est relativement recent et encore fragile. Des hauts parleurs qui ont
probablement étés posés lors des guerres de libération crachent un discours que je ne comprends pas. J’imagine que cette voix un peu hésitante, nasillarde est celle d’un des haut responsables du
parti ou bien, qui sait, celle de Ho Chi Min lui-même, repassée tous les matins pour que personne n’oublie les conseils du camarade Ho.
J’avance au petit matin, au bord du lac, des femmes sont
en train de faire du Tai Chi avec des éventails, sur un air de musique Vietnamien. Les gestes sont coordonnées, quand les éventails s’ouvrent, ils claquent, tous en même temps, le spectacle est
impressionnant et majestueux, je reste quelques minutes captive par ces gestes, leur précision, leur détermination. J’avance encore, les trottoirs utilises dans la journée par les piétons (et
aussi les scooters) sont devenus des terrains de badminton. Des gens de tous ages jouent ensemble sur le trottoir, les gestes encore sont précis, rapides, il est 6 heures du matin, mais tout le
monde a l’air bien réveillé. Je continue, au gré du vent, sans aucune idée de la ou je vais. Je quitte le lac pour entrer dans le quartier historique de la ville. Un mélange de tous les styles
français s’offre a moi, de la maison normande avec ses colombages a la petite maison de maitre de la région parisienne, tous les styles sont représentés. Je me promène, je regarde j'écoute, je
sens. Tous mes sens sont en éveil, mes yeux enregistrent tout, gravent ces moments, cette ville fantastique, figée dans le temps.
La ville se réveille doucement et la douce torpeur
coloniale laisse la place a une activité quotidienne frénétique. Mais même dans le quotidien, l’histoire, les traditions sont bien présentes. Ici, on vit dans la rue et les rituels semblent
immuables, sortis du fond des temps. Les enfants jouent et courent au milieu des nuées de scooters, de ce flot discontinu d’abeilles bruyantes qui vrombissent vomissent leur pollution et semblent
faire trembler la terre et le ciel. Ce concert ininterrompu de bruit est parachevé par des coups de Klaxon ininterrompus, inutiles mais devenus nécessaires parce que « tout le monde le
fait » ! Sans parer des hurlements et des sollicitations de toutes parts. Si vous cherchez le calme, passez votre chemin, vous ne le trouverez pas ici la ville est vielle par ses
bâtiments mais jeune par ses habitants.
Une fois cette promenade achevée, je rentre doucement a
l'hôtel Metropol, la civilisation reprends ses droits et moi, je la fuis pour me réfugier dans le colonialisme des années 30. Le Metropol se situe dans le quartier historique d'Hanoï, crée
en 1904 il a c’est un vieux bâtiment colonial, une vielle dame assoupie au milieu d'un Hanoï qui s'ouvre au modernisme. A l'entrée trônent deux Tractions avant et des pousses-pousses tout
droit tires des années 30. Les chambres de cet hôtel ont été refaites a l’identique, se mélangent alors le confort moderne d’un hôtel 5 étoiles avec le charme désuet d’un ventilateur au plafond,
de vieux téléphones des années 30 et d’un service impeccable. Seul bémol, la piscine est minuscule et au milieu du bar, il faut etre tres motive pour y mettre les pieds.
Voilà, je finis doucement cet etrange voyage dans le temps, ce retour dans une France des colonies que je n'ai pas connu, qui étonne et fascine mais ne nous laissons pas leurrer, cette image d'épinal cache aussi les mefaits d'une colonisation et donc d'une exploitation systematique des ressources au profit de la Metropol et une negation des droits de l'homme en ne laissant pas les gens libres de leurs choix; la bonne chose c'est qu'ils nous ont mis dehors, mais ont gardé le plus beau.
tout le monde (enfin j'espere!) j'ai mes petites habitudes, je vous en passe les details, mais vers 14h, je fais un passage oblige pour me repoudrer le nez, ou vous
savez.
Le coiffeur c'est un peu l'aventure (on a l'aventure ou on la trouve, moi c'est chez le
coiffeur a Hong Kong). Hier midi je suis alle chez le coiffeur. En France j'ai un seul critere pour el coiffeur, qui est le meme que pour le dentiste que ce soit court (en terme de temps, pas de
longueur) et le moins douloureux possible (mais ca c'est surtout pour le dentiste un coiffeur douloureux doit clairement pousser a se poser des questions!).